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LOI SUR L’OBLIGATION DE RESIDENCE POUR LA LUTTE CONTRE L’APARTHEID

Pour la liberté de circulation des réfugies en Allemagne
L’Allemagne fête le 3. Octobre la réunification dans le cadre de l’expo 2000 à Hanovre ,et profite de cette occasion pour donner au monde une image d’une Allemagne moderne et garante du respect des droits de l’Homme. La ferme intention d’étouffer les activités des partis politiques fascistes et des mouvements neo-nazis fait parti d’une campagne massive dans les médias. Seulement cette propagande n’a rien à voir avec les véritables victimes de cette terreur raciste: les réfugiés. L’état allemand a posé lui-même les jalons de cette terreur, en nous isolant systématiquement de la société. En fait nous sommes enfermés dans des camps construits dans des petits parcs retirés ,où pratique- ment des lois diverses nous retiennent prisonniers.

La loi sur l’obligation de résidence pratiqué depuis 1982, qui réduit au minimum la liberté de circulation des réfugies démontre ces faits: La loi sur l’obligation de résidence nous interdit de sortir de l’arrondissement dans lequel nous sommes enregistrés. Cette loi qui nous enferme dans des localités le plus souvent trop petites, n’existe dans aucun autre pays d’ Europe.

Cette loi criminalise tous les réfugiés et émigrants. Chacun de nous peut être contrôlé á chaque instant par la police, qu’il soit sorti de l’arrondisse ment ou pas. Ces contrôles qui donnent très souvent a celui qui y assiste l’impression que le réfugié ait fait quelque chose de criminelle confirment aux yeux des Allemands le slogan de „l’étranger criminel“ propagé par les Neo-nazis. L’allemand lui n’agirait jamais contre la loi sur l’obligation de résidence, raison pour laquelle  les statistiques criminelles, qui comparent la „criminalité des allemands“ à „la criminalité des étrangers“, penchent automatiquement du côté des étrangers.

Pour les réfugiés, il est quasiment impossible de ne pas agir contre la loi sur l’obligation de résidence. Nous sommes automatiquement criminalisés dés que nous mettons nos pieds en Allemagne. La loi sur l’obligation de résidence provoque inévitablement une isolation sociale. L’exemple du sierra léonais  Jose Maria Jones confirme ces faits: résidant dans un camp de réfugiés á Großensee par Thüringen, Jose Maria, chaque fois qu’il veut rendre visite à un ami  à Raßdorf situé seulement a 100m, mais appartenant à un autre arrondissement où  assister à une réunion politique est obligé de faire les 32 km jusqu’à Bad Salzungen où se trouve le service des étrangers pour demander l’autorisation de quitter l’arrondissement. Le transport par train coûte déjà 35 DM plus 15 DM de  frais pour l’autorisation de circulation. Soulignons ici qu’il reçoit 80 DM par mois en tant que Demandant d’asile (Parfois, lorsqu’il joue au foot dans la rue avec ces copains du camp et que la balle traverse les frontières de l’arrondissement, ils sont obligés de prier les passants allemands de la leur renvoyer par peur de tomber sur un contrôle de police de l’autre cote de la frontière)
Les contrôles de police, Jose Maria en a suffisamment subit. Il y’ a un peu plus d’un an, au cour d’un voyage avec une délégation de la Caravane pour les droits des exilés et des émigrants à travers plusieurs villes allemandes pour informer les gens sur la situation dans son pays d’origine et sur le mépris des droits de l’Homme en ce qui concerne les réfugiés, il  fut l’objet de trois contrôles de police. Puisqu’il ne possédait pas l’autorisation de quitter l’arrondissement où il est enregistré, il reçu quelque temps plus tard un avis de rapatriement ; il serait un facteur à risques pour la liberté démocratique et un danger pour la sécurité intérieure de la RFA, tout simplement parce qu’il a user de son droit  de liberté de circulation.
 
 
 

La togolaise Blanche A. se rend chez des  compatriotes qui vivent dans un camp pour demandants d’asile à Wismar. Elle habite dans un logement collectif à 7 km de là. Mauvaises nouvelles du pays - cette fois-ci encore certains amis ont été arrêté, d’autres ont tout simplement disparu, aucune nouvelle d’eux depuis des semaines. La vie en Exil est marqué par l’inquiétude pour ceux qui sont restés.
Elle rate le dernier bus qui part à 19 h. Ne voulant pas se taper le trajet à pied surtout avec ces histoires de nazis ces derniers temps, elle voudrait passer la nuit en sécurité à Wismar. Malheureusement trois voitures de police avec des chiens s’amènent . La „coupable“ passe la nuit au frais, et doit payer une amande de 200 DM. Son tort c’est d’avoir oser quitter Rüggow, situé ‘a  7 Km de Wismar sans autorisation.

Safa A. d’Iran vit avec sa famille dans un logement collectif dans le district de Güstrow. Sa famille doit passer quelques jours clinique de l’université de Rostock en compagnie de sa mère. Les deux ne supportent pas la nourriture de l’hôpital. Safa se rend à Rostock avec des provisions et quelques jouets pour la petite .Comme c’est la première qu’il arrive à Rostock, il se renseigne sur le chemin auprès d’un policier. Ce dernier lui demande son permis de séjour, et puis son autorisation de circulation. Ca va être cher dit-il. Safa lui montre les papiers de l’hôpital. C’est le week-end et les services publiques sont fermés. Cette fois Safa a de la chance. Le policier fait primer le droit à la libre circulation sur l’obligation de résidence.

Nasrin F. est iranienne et vit à Nürnberg. Elle voulait se rendre à Berlin pour participer à une démonstration contre la visite du Président iranien Khatami en Allemagne. Le service des étrangers lui refusa l’autorisation de circulation et l’obligea à se signaler à ses services chaque pendant la durée du séjour du président iranien en Allemagne.

Le nigérian Sunny O.  habite Wolfsburg. En tant que réfugié politique engagé, il fit parti du comité d’organisation du congrès des réfugiés de Jena en Avril 2000 par l’association pour les réfugiés The voice. En tant que coordinateur, il envoya des invitations à des hôtes internationaux, qui ont ainsi pu obtenir un visa de visite pour l’Allemagne. Lui par contre ne pu obtenir une autorisation de circula- tion de la part du service des étrangers de Wolfsburg pour pouvoir se rendre au congrès qu’il a lui même organisé.

Selon „L’obligation de résidence“ , tout réfugié se doit de demeurer dans l’arrondissement où il été enregistré. Celui ou celle qui tombe sur un contrôle de police à l’extérieur de l’arrondissement reçoit, si c’est la première fois, une amande de 100 DM que le réfugié ne peut généralement pas payer, surtout quand on sait que l’avocat qui le défend dans sa lutte conter le rapatriement lui coûte 50 DM sur les 80 DM qu’il reçoit. Dans les Asiles de réfugiés les concierges tiennent  quotidiennement  des listes de présence pour contrôler ceux qui ne sont absents. Une absence de plusieurs jours peut conduire à la perte du logement, de même qu’à la réduction de l’assistance sociale qui, il faut le dire est déjà très maigre. Ou bien le coupable reçoit une assistance financière hebdomadaire, ce qui devrait l’obliger à rester sur place. En fait les réfugiés n’ont même pas suffisamment d’argent pour se nourrir. Alors quant à payer les amandes! La suite logique est que les „coupables“ sont incarcérés dans prisons où ils sont confrontés à un racisme humiliant  En fait le but de ces emprisonnement est de briser  systémat quement la volonté des détenus pour les obliger à un retour „volontaire“.

Les arguments présents du politiciens allemands nous paraissent absolument  dérisoires. Comment peuvent-ils se montrer publiquement contre la terreur des neo-nazis, alors que depuis des décennies ils en ont eux-mêmes posé la base. Ils nous ont isolé de la société allemande, humilié et terrorisé. L’obligation de résidence, comme c’était le cas avec la loi de passage pendant le régime de l’apartheid en Afrique du Sud en est la preuve tangible. Les réfugiés de la caravane pour les droits des réfugiés et émigrants ont décidé de mener une campagne de désobéissance civique contre „l’obligation de résidence“. Nous ne voulons plus restés les bras croisés pendant que les neo-nazis nous terrorisent. Nous voulons lutter contre cette loi injuste qui nous empêche de nous organiser.

Nous vous prions d’envoyer des Fax de protestation au chancelier Gerhard Schröder et demandez une suspension immédiate de cette loi raciste sur l’obligation de résidence. S’il vous plait veuillez envoyer une copie à l’association des droits de l’Homme.